Auteur/autrice : Gregory Haleux

  • Richard Parker : On est toujours trop doux avec les enfants

    Nous accueillons aujourd’hui le centième auteur de notre anthologie. Le hasard de nos lectures faisant souvent bien les choses, il s’agit non seulement d’un texte dans lequel la brouette a une très grande importance mais il est aussi axé sur l’enfance, de telle sorte qu’il fait un peu figure, en cette fin d’année, d’un conte…

  • Jean-Marc Lovay : Les Régions céréalières

    Je pénétrai dans la remise en poussant la vieille porte de bois. Une douce pénombre régnait à l’intérieur, et des lueurs vacillaient autour de petites lucarnes. Il n’y avait que peut d’objets, mais ce qui attira mon attention, ce furent les trois brouettes à bras entassées l’une dans l’autre dans un coin de la pièce.…

  • Denis Roche : Temps profond

    6 septembre 1980 (samedi). […] Plus tard, je suis en train de ranger mon bureau. J’ouvre l’une des fenêtres de la verrière, et dans l’infime espace ainsi dévoilé dessous, je trouve un petit papillon de nuit gris, bien étalé, aux larges antennes lancéolées. Il bouge un peu, pas beaucoup. Je le mets dans la paume…

  • Alexandre Vialatte : « Honoré d’Urfé »

    Le Bélier est vieux comme Hérode. Surtout sous sa forme à queue plate : il a vu le Chaldéen baptiser les étoiles. Il doit avoir le squelette réduit, les gigots développés, les membres assez courts, les veines de l’œil d’un rouge clair, la laine aussi fine qu’il se peut et la croupe très résistante. Il…

  • Arno Schmidt : Brand’s Haide

    Le tuyau d’eau : chez le pasteur, un qui le tirait avec des mains boudinées : Laocoon ou des limites de la peinture et de la poésie. En haut un ciel dévasté, désolant comme un champ de patates vide, manque plus que les ornières des tracteurs et les hérissons, don’t ask me why. Imposante figure,…

  • W. G. Sebald : Austerlitz

    Le sentier faisant le tour de la forteresse longeait les poteaux d’exécution passés au goudron et l’aire de travaux où les prisonniers devaient charrier le remblai autour des remparts, plus de deux cent cinquante mille tonnes de terre et de pierraille pour lesquelles ils n’avaient d’autres outils que des pelles et des brouettes. Ces brouettes,…

  • Jean-Pierre Ostende : Et voraces ils couraient dans la nuit

    Nous commencions par une série de mesures et prélèvements : photocopies, saisies, enregistrements, téléchargements, puis comparaisons, analyses, estimations… Marie se chargeait de ça, elle aurait déplacé une montagne avec une brouette et quelques disques durs. Rien ne semblait l’arrêter. Elle pénétra la première dans le hall à carreaux blanc et noir que, la nuit, deux femmes…

  • Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers, Tableau de Paris à cinq heures du matin

    TABLEAU DE PARIS À CINQ HEURES DU MATIN L’ombre s’évapore, Et déjà l’aurore De ses rayons dore Les toits d’alentour ; Les lampes pâlissent, Les maisons blanchissent, Les marchés s’emplissent, On a vu le jour. De la Villette, Dans sa charrette, Suzon brouette Ses fleurs sur le quai, Et de Vincenne Gros-Pierre amène Ses fruits…

  • Louis Petit de Bachaumont : Mémoires secrets

    L’examen de certains textes amène à penser que l’affaire des latrines publiques a commencé de passionner l’opinion éclairée dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. M. de Sartine, lieutenant général de police sous Louis XV, fera mettre des « barils d’aisances » dans certains coins de rues. Dans ses Mémoires secrets, à la date du…

  • Roland Dubillard : Je dirai que je suis tombé

    OUBLIÉE I Oubliée, tu n’as pris de mon escalier que ce qu’il te fallut pour t’enfuir ; que ce qu’il te fallut. Et, ce qu’il te fallait, toi, tes pieds et toute la nature, Oubliée, tu l’as pris tout entier. Je reste, mesuré, dans ma demi-mesure, par ton regard noir, par l’oubli-la mémoire, par le…