Jacques Charon : Moi, un comédien

J’avais connu Marchat chez une cantatrice wagnérienne de l’Opéra, qui prenait des hôtes payants dans son château de Saint-Nicolas-de-Bourgueil.
Jacky avait d’abord découvert, rue de Verneuil, le petit hôtel Saint-Yves. Là vivaient Louis Salou, Marianne Oswald, Alice Sapritch – le patron ne louait qu’à des têtes d’artistes. Au Saint-Yves, Jacky avait entendu parler de la cantatrice-aubergiste. Elle ne demandait pas cher, et nous étions tous alors des « vacanciers » fauchés. Un bel été, nous voilà partis pour Saint-Nicolas. À la gare, c’est une brouette qui nous attendait ! Le vieux jardinier a chargé nos bagages dessus et en route pour le château ! À l’arrivée, dans « la cour de verdure » j’ai rencontré Marchat pour la première fois. Et en même temps un jeune couturier inconnu, qui avait loué un entresol rue du Bac pour bâtir ses premières robes sur « un mannequin exclusif et bon marché » : sa femme Geneviève. Jacques Fath n’avait pas encore son château à lui.

Jacques Charon, extrait de Moi, un comédien,
récit de Fanny Deschamps [1975],
J’ai Lu, 1977, pp. 214-215.
[contribution de Florian Ferré]

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