Peter Brook : Oublier le temps

Allait-il pleuvoir ? Je fis toutes sortes de promesses aux nuages. Lorsque le jour se leva enfin, le temps n’était ni beau ni pluvieux. Nous nous sommes précipités dans la rue, nous, une poignée de néophytes surexcités, munis de grands paniers contenant des habits empruntés à des costumiers londoniens, d’une brouette destinée à servir de chariot pour la caméra et enfin d’un carrosse d’époque, un objet splendide, prêté par un duc excentrique. Devant une foule de badauds, je courais dans tous les sens, essayant de maintenir un minimum de cohésion au sein de l’équipe. Enfin, un peu d’ordre sortit du chaos et je vécus, pour la première fois, l’instant magique où on crie « moteur ! ».

Peter Brook, Oublier le temps,
Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2003, p. 40.

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