Patrick Cauvin : Laura Brams

Il émergea, cligna les yeux sous la violence jaune de la lumière survoltée et buta dans une brouette. Cela faisait douze ans que le site avait été réouvert. C’était l’une des plus grandes découvertes archéologiques de ce temps… Lentement un monde remontait vers la surface. Les pierres livraient leurs secrets ; le plus étrange univers qu’il y eût sur cette planète ressortait au jour et se livrait aux chercheurs. Ce lieu était une chance, une chance inouïe.

Patrick Cauvin [Claude Klotz], Laura Brams [1984],
Le Livre de Poche, 1986, p.14.

 

Après qu’elle eut disparu, il était resté quelques instants devant la clinique… Des pierres meulières, cela lui avait toujours produit un étrange effet, une impression de froid, de rugosité, presque de méchanceté dans le contact… Il y avait une brouette abandonnée au pied d’un arbre… Des traces d’un feu… On disait que c’était l’un des meilleurs établissements psychiatriques d’Europe… malgré tout, il n’arrivait pas à trouver cela rassurant.
« Et depuis ? »
Les arbres disparurent, la brouette et les feuilles entassées si imbibées d’eau qu’il pouvait en décrire l’odeur de terre et de mort s’effacèrent, tout un monde spongieux et humide… Yann le regardait, les mâchoires bougeaient. Blazier enregistra que son ami se rasait mal. Des poils oubliés sous les maxillaires.

Ibid., pp. 221-222.
[contribution de Florian Ferré]

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