Lucien Suel : Sombre Ducasse

VON EINEM REICH ZUM ANDERN abondances
inouïes de corbeaux sciant le caprice
des bouteilles et les pleurs dans les
tonneaux claquent des roses éveillées
pour mon dindon-hématie regard morose
puis langoureux des langoustes rosées
où roule cette brouette lumineuse des
femmes aux serres d’épervier grillées
extrapolaires parmi les gris cadavres
crasseux où roule donc cette brouette
lumineuse du royaume autre abondances
inouïes de corbeaux sciant le caprice
des bouteilles robustes sous la canne
d’aveugle demeure sombre de baignoire
apothéose l’hypocrite larve Éros bave
une langue boursouflée où roule cette
lumineuse brouette nénuphar indigeste
sur les routes du tabouret historique

 

images troussées dans le grison blême
d’une barbe rêche croule roule encore
lumineuse brouette écrasant la réelle
servitude des savoirs nébuleux sourds
mâchés silence aux croisées des rêves
roule brouette lumineuse en abondance
inouïe les corbeaux scient le caprice
des bouteilles broutent les roulettes

 

Lucien Suel, extrait de Sombre Ducasse (version justifiée),
in Ivar Ch’Vavar & camarades, Le Jardin ouvrier (1995-2003),
Flammarion, coll. « Poésie », 2008, pp. 246-247.
[ici reproduit en tenant compte de deux corrections
apportées par l’auteur sur son blog, où le poème
apparaît dans une autre mise en page.]

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