Fernand Combet : SchrummSchrumm

Ils commencèrent de jeter des seaux d’eau sur les flaques de sang éparses. Les uns savonnaient, les autres brossaient vigoureusement. Pour couronner le tout, un haut-parleur déversait une musique qui était peut-être un tango. On eût dit maintenant la fin d’une partie de campagne, après une kermesse. Les hommes travaillaient avec entrain. On avait jeté le cadavre dans une brouette et enlevé les boyaux. Ainsi, pour peu qu’il n’eût pas aperçu, deci delà quelques traces sanglantes oubliées par les laveurs, et s’il n’avait été lui-même taché de sang, SchrummSchrumm eût pu prendre ce qui avait précédé pour un mauvais rêve. Hélas ! ce n’était pas un cauchemar. Il tenta donc un geste dérisoire : il cacha ses yeux derrière ses mains.

Fernand Combet, SchrummSchrumm ou l’excursion dominicale aux sables mouvants,
Jean-Jacques Pauvert, 1966, p. 254.

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